Suite au précédent post où je me suis consacré au commerce électronique, en tentant de faire le tour, je ne peux toutefois pas omettre de faire le point sur la protection de la vie privée du cyber consommateur. Celui-ci est harcelé de toutes parts pour fournir ses infos personnelles dans un seul but, le profiling ?? Que nénies, en fait les black hats, les Social Engineers (voir dico pour le franglais), les voleurs d’identité, les réseaux sans scrupules et les autres sites sans règles de confidentialité le guettent de partout.
Non ce n’est pas de la parano, la FTC s’en mêle et même madame la commissaire à la protection de la vie privée du Canada y met son grain de sel.
De manière générale, il est bien entendu que la sécurité sur internet ne peut être garantie et en plus n’est à l’origine que de 20% des cas répertoriés au Québec concernant le vol d’identité. (Voir le blog de M. Dupont qui traite de Cybercriminalité et vol d’identité sur le web). Il est vrai aussi que tout le monde s’agite pour y mettre un peu d’ordre.
Aux USA, le grand FTC a dicté début Décembre ses nouvelles conditions concernant les blogs (nouvelles règles du FTC ), puis ici au Canada fin octobre, on a appris la sanction royale du projet de loi modifiant le Code criminel (vol d’identité et inconduites connexes).
À l’échelon mondial, la conférence internationale de protection de la vie privée et des données personnelles début Novembre 2009 à Madrid a été qualifiée d’exceptionnelle. En plus de la présence des gouvernements, deux des grands opérateurs des nouvelles technologies Facebook et Google ont assisté à cette réunion. Google (notre vénéré, cher et adorable Google) a profité de cette session, pour son nouveau service : le Google Dashboard.
Quant aux grands acteurs du commerce en ligne qui sont rôdés puisqu’il s’agit des « First movers » que sont Amazon et Ebay, c’est aussi mouvementé. En effet Amazon est dans la ligne de mire de l’EPIC autrefois alliés concernant la protection des renseignent personnels et sa clause à propos des publicités pose problème. Ebay pour sa part revoit ses conditions d’utilisation et sa clause d’arbitrage est très controversée. Le nombre de cas portés devant les tribunaux aux USA, au Canada et en Europe ne se comptent plus.
Alors ces géants de l’e-commerce sont appelés à se conformer aux lois de protection des consommateurs qui commencent à tenir compte du cyberacheteur. Si vous voulez en savoir d’avantage, je vous invite à consulter les deux études de cas : analyse vie privée dans le cas d’Amazon et analyse Ebay clause d’arbitrage 2009.
Ajoutez à cela le fait que Twitter ait passé un accord avec LinkedIn pour publier directement nos tweets sur notre profil professionnel, sans nous demander notre avis… Nous avons donc des raisons de dire que cette année 2009 a connu bon nombre de chamboulements où notre vie privée a été prise en otage et que nous avons assisté à des jeux d’alliances et de stratégies loin d’être finis entre moteurs, réseaux sociaux et sites d’e-commerce. Nous allons scruter les résultats des accords Google Twitter et Microsoft Twitter Facebook courant de cette nouvelle année 2010.
Il est important de noter qu’aujourd’hui Google et Microsoft sont les gardiens du temple puisque ce sont eux deux qui nous délivrent 90% des résultats de recherche via les moteurs (parts de marché Bing 10,3%, Yahoo! 17,5% et Google 65,6% en Novembre 2009 aux USA), que Microsoft va au tribunal comme au travail et que la déclaration de l’avocat de Google dans l’affaire qui opposait le couple Boring à Streets View : « Today’s satellite-image technology means that even in today’s desert, complete privacy does not exist. » montre bien la vision que Google a de nos données personnelles. Mais le pire est à venir avec la Google Wave que nous testons en feignant de ne pas y voir un substitut signé Google aux réseaux sociaux. J’ai lancé un post à ce sujet : la vague arrive et risque d’emporter avec elle toutes nos données personnelles. Et ce qui m’accable vraiment, c’est que selon les dernières statistiques concernant l’utilisation de plusieurs outils sur les sites Web, Google Analytics serait utilisé par 30% des sites pour suivre leur trafic (dont je fais partie). Ceci montre simplement qu’on n’a pas fini de jouer avec nos amis de Google !
Maintenant au travail, c’est encore une autre histoire. Le cas récent de N. Blanchard qui s’est vue suspendre les indemnités de congé maladie à cause de photos publiées sur Facebook et dénoncée par son employeur, a fait le tour du monde. Il s’agit d’une première au Québec et qui fait encore jaser beaucoup dans le milieu juridique.
Nous en sommes au même problème de paiement électronique où la solution proposée consiste à fournir un Id numérique unique (Secure code), et de ne pas mettre à la disposition du marchand des informations dont il n’a guère besoin pour réaliser sa transaction. Mais, même avec une adresse e-mail unique et un mot de passe secret, nous ne pouvons surfer dans l’anonymat. Voir les cas du suicide Web 2.0 que nous avons évoqués précédemment.
De manière générale, que ce soit via le monitoring des employés ou leur implication dans les réseaux sociaux pour promouvoir la compagnie, ou encore leur participation en tant que membres privés dans les réseaux sociaux, la vie privée est ballotée de la vie personnelle vers le travail en passant par celle qui devrait rester virtuelle sauf si l’individu décide de son propre chef de la lier à sa vie réelle. Résultat des courses, nous passons du temps à alimenter en contenu nos différents médias, du temps pour superviser l’interprétation de nos propos et réactions, puis surtout ce qui risque de nous occuper de manière inutile, nous devons garder un œil sur ce que les autres croient savoir de nous (nous sommes censés en être à l’origine).
À ce sujet, j’ai réalisé un travail d’analyse de la responsabilité des employés sur internet dans le Web 2.0 via les blogs, forums et participation aux réseaux sociaux, et notamment le droit du respect de la vie privée du salarié et des clauses de confidentialité et d’obligation de loyauté envers son employeur : liberté, vie privée du salarié et e-réputation de l’entreprise.
Personnellement, je souhaite qu’en 2010, il y ait une meilleure éducation des internautes, une plus grande transparence concernant leurs traces sur le net et donc leur vie privée, mais aussi des implications fortes et en rupture avec les usages actuels des grands acteurs de la Web sphère comme Google, Microsoft, Yahoo, Facebook, Twitter, LinkedIn, Amazone, Ebay et tous les autres pour ne pas tomber dans la solution de facilité : Le consommateur a lu les conditions !
Conclusion :
Y a-t-il un pilote dans l’avion ?
Oui, mais il n’a pas le plan de vol !




